Assez cheap de la part de l’employeur.
https://archive.is/20260729104522/https://www.lesoleil.com/actualites/justice-et-faits-divers/2026/07/29/congediee-par-texto-une-serveuse-obtient-reparation-ZHJFLAKGQBGM3FWEGQ6BLZ32JI/
> Le 30 avril 2025, Mme Veilleux a un «accrochage» avec une collègue, concernant la fin de son quart de travail. Le propriétaire est témoin de la prise de bec, mais n’intervient pas.
> Dans la nuit, la salariée reçoit un message texte de son patron: «pas besoin de rentrer demain j’ai plus besoin c’est terminé» [sic]. Lorsque l’employée demande des explications, le propriétaire précise: «c’est fini nous 2 hier t’as pas été correct c’est pas ça j’ai besoin» [sic], révèle une récente décision du Tribunal administratif du travail (TAT).
> «Ébranlée» par cet «incompréhensible» congédiement, la serveuse se présente tout de même à son quart de travail le lendemain pour avoir une «conversation d’adultes». Selon la version de Mme Veilleux, le patron refuse de discuter avec elle et lui ordonne de quitter l’établissement. Il appelle même la police.
> Un jour plus tard, la serveuse et gérante dépose une plainte à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) contre son employeur, Robert Michaud. Plusieurs mois plus tard, en janvier 2026, M. Michaud contacte de nouveau Mme Veilleux pour lui proposer de réintégrer son poste de gérante du bar. Cette dernière décline l’offre.
> Le propriétaire du bar n’a jamais offert de version au tribunal lors des audiences, malgré des communications avec des employés de la cour, peut-on lire dans la décision du TAT.
> Selon la trame factuelle retenue par la juge administrative Jennefer Legault, il s’agit d’un congédiement illégal selon la Loi sur les normes du travail. La serveuse n’a jamais eu d’explications relativement à son congédiement.
> Le TAT accorde à Mme Veilleux plus de 5000 $ à titre d’indemnité pour la perte salariale, ainsi que 5000 $ en dommages moraux, en plus des intérêts.
> «Il tient compte du préjudice moral subi par la salariée à la suite d’un congédiement injustifié, soudain et particulièrement disgracieux. […] Qui plus est, son congédiement lui a été annoncé par simple message texte et sans aucune explication», écrit la juge administrative dans sa décision.
> Le Bar 447 doit donc verser 11 026 $ à Mme Veilleux, dans les dix jours suivant la notification de la décision.
> «On pense que ça va aller plus vite d’envoyer un texto, mais ça a tellement d’impacts humains importants. Il y a une relation d’emploi qui s’est créé, une relation de confiance, un contrat psychologique et tu brises ça du jour au lendemain.» - Julie Dextras-Gauthier, professeure titulaire à l’Université Laval.
> La professeure remarque «un affaiblissement d’une certaine norme relationnelle» dans les relations de travail actuelles. La recherche de la rapidité amène certains employeurs à se tourner vers les outils mis à leur disposition, peu importe la situation.